(#Burkina) La grève à la Télévision Canal 3 et la situation précaire et misérable des journalistes

Les salaires indécents : Le Burkina Faso a adopté une convention collective dans laquelle sont traitées les conditions dans lesquelles les journalistes burkinabè doivent être traités. Mais, mis à part deux ou trois médias, aucun d’entre eux ne respectent cette convention.

Combien de journalistes peuvent se targuer d’empocher 100 mille francs CFA de salaire ? 100 mille francs, déjà sont des miettes lorsqu’on sait qu’un loyer, (une chambre et salon), est de 25 mille francs CFA au minimum (sans toucher interne, ni cuisine). Et si compte les factures d’électricités, d’eau, le carburant…

En plus, les avantages qu’offre la carte de presse en conformité avec la convention collective ne sont pas encore pris en compte. Les journalistes burkinabè ressemble un peu plus à des mendiants, obligés de faire la course aux « gombos », (les 5 mille francs CFA et 10 mille francs CFA de perdiems que donnent certaines organisations lors de la couverture de leurs évènements).

Il n’est pas rare de voir les journalistes traînés pendant plusieurs minutes après la couverture d’une cérémonie juste parce qu’ils attendent un hypothétique gombo de 5 mille francs CFA. Lorsque cet argent ne vient pas, certains parfois arrivent à exiger ce « gombo » aux organisateurs comme si c’était un droit : il faut payer l’argent de l’essence parce que le patron n’a rien donné.

Les conditions précaires : En plus des bas salaires que les journalistes doivent supporter, ils se doivent aussi faire face aux manquent de matériels. De nombreux médias manquant de tout jusqu’au siège. C’est au journaliste de se débrouiller pour la couverture des évènements, pour la rédaction de son article, son déplacement sur le terrain etc. Tout en réalité.

L’insuffisance du personnel : Dans certains médias, les journalistes ne sont moins de 5. Ainsi, ces derniers doivent se taper plusieurs reportages par jour et en plus de cela, animer des émissions pour les radios. La qualité du travail s’en ressent bien évidemment avec des critiques acerbes du public qui veut forcément faire une comparaison avec le professionnalisme des médias étrangers.

Le journaliste dans une telle situation manque de temps pour son épanouissement. Il ne peut rien entreprendre parce qu’il est toujours occupé sur le terrain des couvertures médiatiques, la rédaction de son article au bureau etc. Lorsqu’il rentre chez lui, c’est juste pour dormir.

La fourberie des patrons : Pendant que les journalistes croupissent dans la misère, leurs patrons roulent dans des voitures rutilantes, dorment dans des duplex etc. Pour eux, payer décemment les employés revient à jeter de l’argent par la fenêtre.

L’exigence des patrons de presse par rapport à la tâche abattue par les journalistes est disproportionnelle aux offres salariales car certains touchent parfois 30 mille francs CFA seulement de salaire ! N’est-ce pas pour cela que d’autre au lieu de proposer des contrats en bonne et due forme, propose plutôt des piges.

Le journalisme, un dépotoir : Si les journalistes travaillent dans ces conditions, c’est en parti aussi parce que ce métier est devenu ou est un dépotoir pour ceux qui n’ont rien trouvé à faire ailleurs. Ils sont nombreux à parachuter dans le métier sans formation aucune, mais surtout parce qu’ils ont échoué ailleurs.

Quand c’est ainsi, ils acceptent toutes les conditions aussi mauvaises sont-elles que leurs proposes les patrons de presse. Ce sont des propositions que d’autres ont refusé. L’on se retrouve dans un cercle vicieux car, engagé un journaliste dans un contexte s’apparente à de l’aumône. Ils estiment être redevables à leurs patrons et n’osent donc plus revendiquer quoi que ce soit.

Il n’est pas rare d’entendre, parlant de journalistes passés par des écoles de formations, qu’ils font le malin. Certains patrons de presse ne se cachent même pas. Ils ne souhaitent pas engager les journalistes formés sous prétexte qu’ « ils se prennent pour des connaisseurs ». C’est ainsi que vous verrez des journalistes faire de la littérature (des dissertations) comme si c’était cela le journalisme.

Ceci n’est qu’une part de la partie cachée de l’iceberg des de travail des journalistes burkinabè. On pourrait prendre des heures, des lignes pour évoquer ces problèmes que connaissent les journalistes burkinabè. Il faudrait donc comprendre que le cas de Canal 3 n’est qu’une miniature de ce que vivent les journalistes burkinabè. On ne peut donc pas s’opposer à ce qu’ils revendiquent de meilleurs conditions de travaillent.

Le messager d’Afrique

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