Analyse sincère et intéressante sur « l’étudiant #Africain » (Par Oumar A. Sidibé, un jeune écrivain malien)

Un jour observant certains étudiants en discussion, j’entendais dire que la « véritable formation prend fin au baccalauréat ». Par là il faut entendre que les études primaires et secondaires sont considérées à l’accoutumée, comme les plus fiables qu’un État africain puisse garantir.

Problème d'école au Burkina.

Pour pousser cette réflexion, c’est dire que l’enseignement supérieur se présente désormais comme un jeu de poker, où les belles stratégies sont indispensables pour réussir. Entre banalisation de l’immoralité et normalisation de l’immoral, notre enseignement a hélas perdu sa canne, les valeurs qui lui valaient l’attention des étudiants.

La corruption un danger pour l’étudiant

L’étudiant est à la fois, corrupteur, corrompu, et celui qui déclame cette même corruption. Mais tous les étudiants ne s’adonnent pas à cette activité. Parfois cette situation s’impose au delà même de la volonté de l’étudiant. Car s’il faut impérativement, pour passer ses évaluations, payer le professeur en charge d’une matière donnée, ce serait soit refuser et risquer d’échouer, soit accepter et laisser aller !

Cette situation est connue de certains parents qui d’ailleurs encouragent à se soumettre à cette injustice, espérant qu’elle ne sera que de moindre durée, le temps de terminer les études supérieures. Cette inactivité parentale et juvénile, permettra à ce chancre de se perpétuer sur les générations futures.

Ces quelques rares étudiants « confiants et bornés » qui refusent de s’adonner souvent à ces pratiques qui s’accoutument, finissent par plonger dans la grande solitude des échecs scolaires, et ce à la grande surprise de leur entourage.

Pour moi c’est tout à fait déplorable, que certains étudiants, plus pressés que l’année universitaire, parce qu’ils en ont les moyens ou le pouvoir, se permettent d’encourager la corruption au péril et au détriment de ceux qui s’en astreignent.

Mais il n’y a pas que corruption qui resserre mon regard sur ces étudiants qui survolent ces vices en se consacrant pleinement à leurs études.

Les Bourses de l’indignation

Dans beaucoup de pays africains, l’étudiant, contrairement à ce que nous relate l’opinion populaire, est confronté quotidiennement à plusieurs difficultés.  Plus les contraintes pèsent lourds sur sa frêle et modeste personne, plus il suffoque dans un environnement agité par les perfidies de la cité estudiantine.

En réalité, certains étudiants africains, bien qu’ils soient bénéficiaires de bourses, sont obligés, face à la lenteur et à la mauvaise organisation de la politique étatique de distribution des bourses estudiantines, de prendre des crédits pour les plus honnêtes, pour d’autres, d’opérer des vols, avant de les percevoir. Parce que ces bourses peuvent prendre quatre ou même six mois de retard dans certains pays.

C’est là que beaucoup d’étudiants, issus de familles modestes, préfèrent abandonner les études supérieures. Oui, parmi nous, des jeunes ruraux et citadins issus de familles modestes, certains à tel point que « déjeuner » n’était pas une expression courante dans leur langage.

Dans certains pays africains, ces pauvres étudiants, généralement du genre à s’opposer à toute injustice, se font tabasser, terroriser, intimider par d’autres étudiants qui jouissent d’un statut avantageux auprès de l’administration estudiantine, et qui ne peine à les voir souffrir.

D’autant plus, Il y’a ceux qui perçoivent leurs bourses par l’administration, et ceux qui peuvent le percevoir par un tout autre biais, une seconde administration, celle des hommes sûrs. Le calvaire boursier des étudiants ne marquent pas l’épilogue de cette anomalie, car encore faudrait-il savoir pourquoi on étudie.

Étudier pour travailler pas pour raconter sa vie – La hantise du chômage

L’Afrique dispose d’une démographie jeune très poussée, mais à train de l’exploiter, elle le fait sombrer à jamais dans la noyade de l’ignorance, dans le désert de l’oubli et dans les déchirements des ténèbres. Que dire d’un professeur qui donne son premier cour à une semaine des examens ? Étonnant ?

Et pourtant c’est une dure réalité. Perpétrées par les grèves incessantes et l’irrégularité alarmante des enseignants dans les cours, ces diverses gènes constituent un frein réel à l’épanouissement de l’étudiant. C’est cette jeunesse estudiantine qui est devenue une jeunesse de consommation : (consommation culturelle (musicale, chorégraphique, vestimentaire, etc), consommation scolaire (le nombre des étudiants a été multiplié par 10 en moins de 25 ans). Beaucoup de jeunes étudiants étudient sans réelles ambitions.

Il existe la, deux distinctions à faire : les étudiants qui parachutent dans les filières de leur choix, et ceux perdurent dans les sentiments d’indifférences a leurs études.  Mais ils en jouissent tant qu’il en peuvent et supportent ce monde formateur à la rudesse de la vie.

Ils supportent ces injustices, ces mauvaises conditions tant sanitaires que pédagogiques. Ils les supportent car ils savent qu’au bout, attend un tout autre souci encore plus incertain, « la question d’emploi ». Comment y faire face ?

Cette hantise règne au plus profonds de nos âmes sinistrées par les chicanes de notre réalité.  Voilà une citation de Sénèque qui me vient à l’esprit  » Réfugies-toi dans l’étude, tu échapperas à tous les dégoûts de l’existence – l’ennui du jour ne te fera pas soupirer après la nuit et tu ne seras pas à charge de toi-même et inutile aux autres »

Oumar A Sidibé

(Sources : Atelier des Médias)

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