Arrondissement n°5 de Ouagadougou: Toyibé, le quartier anglophone

Depuis quelque temps, l’anglais est devenu la langue de communication pour certains riverains d’un bar-dancing « Ouaga Camping », implanté au Sud-Ouest de l’aéroport international de Ouagadougou. Nous sommes à l’arrondissement n°5 de la capitale burkinabè où la langue officielle est le français comme sur toute l’étendue du territoire national. Mais, comment ces riverains, naturellement francophones, sont-ils arrivés à maîtriser la langue de Shakespeare et quel usage en font-ils ?

« Good morning. How are you ? I’m fine. And you ? Fine !
Ok. Please ! I need a cup of
coffee No problem ». Cet échange entre un client (ayant requis l’anonymat) et le gérant d’une cafétéria, Harouna Kombari, illustre, à propos, la nature des conversations aux alentours du bar-dancing « Ouaga Camping », situé au quartier, dénommé « Toyibé » dans l’arrondissement n°5 de la ville de Ouagadougou. Des échanges comme celui-ci, l’on en rencontre à la pelle dans la capitale burkinabè, principalement, à cet endroit où l’anglais est passé dans les usages.
Pour les habitants de cette localité, pas nécessairement besoin d’intégrer un centre de langues pour parler la langue de Shakespeare. Et pour cause, la périphérie du maquis constitue le lieu de convergence de personnes de diverses nationalités dont un nombre important d’anglophones (Ghanéens, Nigérians).
C’est un bar-dancing réputé connaître une forte présence féminine à certaines heures de la soirée, ce qui expliquerait, selon des riverains, cette situation. Harouna Kombari affirme en effet, recevoir parmi les clients à son café-restaurant installé à quelques mètres du bar et dont la majorité le fréquente, des filles de joie.
Il dit, pourtant, avoir abandonné les études à partir de la classe de 4e, mais a été obligé de maîtriser la langue de Shakespeare pour la bonne marche de ses affaires. A l’entendre, c’est avec fierté qu’il la parle aujourd’hui à la perfection. « Je parle l’anglais depuis maintenant dix ans et c’est ici que je l’ai appris, car la plupart de mes clients ne comprennent que cette langue », confie celui-ci.
Idem pour le tenancier de l’échoppe voisine, Jean-Baptiste Zoungrana. Pour lui, cette langue qui s’est imposée à eux est plutôt une bonne chose « L’anglais me permet, ici, de gagner mon pain, sans avoir jamais été dans un pays anglophone et s’il m’arrivait de me retrouver au Ghana ou au Nigéria, je pourrais communiquer sans difficulté majeure », dit-il. Andréa (Ndlr : pseudo), la vingtaine, est une serveuse de nationalité étrangère dans ledit maquis, il y a de cela quelques années. « Je suis ici, depuis trois ans. Au début, ce n’était pas facile pour moi de communiquer avec les gens qui ne comprenaient pas l’anglais. Mais maintenant, nous recevons même des clients qui parlent aisément l’anglais », témoigne-t-elle. Quant à un autre Burkinabè comprenant la même langue étrangère, Kaboré Issiaka, étalagiste de profession, il fait savoir que c’est un avantage qu’il entend exploiter pour fructifier son commerce. « Je compte, précise-t-il, développer cela par la suite, en voyageant beaucoup en Afrique et dans le reste du monde ».
Et d’ajouter que du fait de la proximité d’avec la zone en question, tous les membres de sa famille ont une aptitude plus ou moins prononcée à manipuler la langue. « Vu que mon lieu de travail est à seulement quelques mètres du maquis, je n’ai aucun problème quant au maniement de l’anglais oral. Il ne me reste plus qu’à apprendre à l’écrire pour être un anglophone complet, dans un pays francophone », ironise-t-il.

Noufou KINDO
noufou_kindo@yahoo.fr

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